Cannabis thérapeutique pour la sclérose en plaques (SEP) et la spasticité : comment ça se passe ?
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie chronique qui touche plusieurs dizaines de milliers de personnes en France. Conseils supplémentaires Parmi ses symptômes invalidants, la spasticité figure en bonne place, affectant la qualité de vie des patients. Depuis 2021, l’accès au cannabis thérapeutique est encadré, offrant une option complémentaire à certains traitements traditionnels. Dans cet article, nous allons explorer les enjeux de santé publique liés aux maladies chroniques, le rôle du cannabis thérapeutique dans la prise en charge de la spasticité liée à la SEP, et les étapes concrètes du parcours de soins recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS).
1. Maladies chroniques en France : un enjeu majeur de santé publique
Les maladies chroniques, comme la sclérose en plaques, représentent un défi majeur pour le système de santé français. Selon les chiffres officiels :
- Plus de 15 millions de Français vivent avec une maladie chronique.
- Ces maladies sont responsables de plus de 70% des dépenses de santé en France.
- La SEP touche environ 110 000 personnes en France, avec une prédominance chez les jeunes adultes.
La prise en charge de ces pathologies implique non seulement les traitements médicaux, mais aussi une gestion globale axée sur l’amélioration de la qualité de vie des patients. La douleur chronique, la spasticité, et les troubles fonctionnels sont des obstacles quotidiens qui nécessitent des solutions adaptées.
2. Spasticité et douleur chronique dans la SEP : impact sur la qualité de vie
La spasticité est une augmentation anormale du tonus musculaire, provoquant raideur, spasmes douloureux et difficultés fonctionnelles. Chez les patients atteints de SEP :
- La spasticité peut toucher jusqu’à 80% des patients selon l’évolution de la maladie.
- Elle entraîne une limitation de la mobilité et une perte d’autonomie.
- La douleur chronique liée à la spasticité affecte la qualité de vie physique, psychique et sociale.
La prise en charge de la spasticité est donc un axe fondamental du traitement. Elle comprend :

- Des médicaments antispastiques classiques (baclofène, tizanidine, etc.).
- La kinésithérapie adaptée.
- Dans certains cas, l’injection de toxine botulique.
3. Options thérapeutiques reconnues et évolution récente
Malgré ces traitements, une proportion des patients ne bénéficie pas d’un contrôle satisfaisant https://varimail.com/articles/antalgiques-classiques-pourquoi-ca-ne-suffit-pas-toujours/ des symptômes, notamment en cas d’effets secondaires ou d’efficacité limitée. C’est dans ce contexte que les options thérapeutiques évoluent. La HAS a publié des recommandations précises pour encadrer l’usage de nouvelles solutions, intégrées au parcours de soins.
Le cannabis thérapeutique : une option encadrée
Depuis 2021, la France ouvre l’accès au cannabis thérapeutique dans un cadre très strict, notamment pour les patients atteints de SEP avec spasticité rebelle aux traitements classiques.
- Accès réservé : uniquement sur prescription hospitalière.
- Consultation pluridisciplinaire : neurologue, pharmacien, généraliste et spécialiste de la douleur.
- Suivi régulier : évaluation de l’efficacité et des effets indésirables.
Cette évolution s’appuie sur des études cliniques montrant des bénéfices modérés mais réels sur la spasticité et la douleur associée, tout en y associant un suivi rigoureux pour prévenir les risques.
4. Le parcours recommandé par la HAS pour la prescription de cannabis thérapeutique
La Haute Autorité de Santé détaille un protocole clair pour garantir la sécurité et l’efficacité du traitement. Voici les questions essentielles à poser avant une consultation liée à la prescription :
- Quels traitements antispastiques avez-vous déjà essayés et avec quel résultat ?
- Quelle est la sévérité de votre spasticité et quelle est son retentissement sur vos activités quotidiennes ?
- Avez-vous déjà utilisé des substances psychoactives ? Y a-t-il des risques de dépendance ?
Le protocole de prescription en hospitalier demande :
- Une évaluation initiale neurologique et fonctionnelle complète.
- Une discussion collégiale en équipe pluridisciplinaire.
- La centralisation des documents médicaux et du suivi dans le Dossier Médical Partagé (DMP) pour assurer une continuité et une traçabilité optimale.
Pourquoi centraliser dans le DMP ?
Le DMP facilite la communication entre professionnels de santé, évite les redondances d’examens, et améliore la sécurité du parcours thérapeutique :
- Suivi des prescriptions et des renouvellements.
- Historique détaillé des effets observés et des éventuels événements indésirables.
- Accès simplifié aux spécialistes impliqués dans le traitement.
5. Exemples concrets de parcours de soins
Exemple 1 : Mme Dupont, 42 ans, spasticité modérée à sévère
- Échec des ttt classiques (baclofène mal toléré).
- Consultation neurologique en centre spécialisé.
- Prescription hospitalière de cannabis thérapeutique sous forme de spray sublingual.
- Suivi mensuel avec évaluation de la spasticité et ajustement de la dose.
- Documents et compte-rendu centralisés dans le DMP accessible au médecin traitant.
Exemple 2 : M. Bernard, 35 ans, spasticité légère mais douleur chronique invalidante
- Traitement antispastique efficace mais douleur persistante.
- Intégration dans un protocole de cannabis thérapeutique pour pallier la douleur neuropathique.
- Encadrement strict avec psychoéducation pour éviter les risques d’abus.
- Intervention conjointe du pharmacien hospitalier et de l’équipe de soins de liaison.
Exemple 3 : Mme Martin, 50 ans, SEP secondairement progressive
- Spasticité sévère résistant aux injections de toxine botulique.
- Prescription en contexte hospitalier pour un traitement cannabinoïde.
- Suivi pluridisciplinaire avec kinésithérapeute et psychologue.
- Utilisation des informations structurées dans le DMP pour décision en réunion de concertation pluridisciplinaire.
6. Conclusions : un cadre sécurisé mais exigeant
Le cannabis thérapeutique offre une avancée dans la gestion des symptômes de la SEP, notamment pour la spasticité. Cependant, aucun traitement miracle n’existe. Il s’agit d’une option encadrée, réservée aux cas où les traitements classiques sont insuffisants ou mal tolérés. La prescription hospitalière et le suivi rigoureux, avec une bonne coordination grâce au DMP, sont essentiels pour la sécurité des patients et l’optimisation du bénéfice thérapeutique.
Pour approfondir le sujet, nous recommandons de consulter directement les recommandations officielles de la HAS relatives au parcours de soins et à la prescription du cannabis thérapeutique.

Tableau récapitulatif des points clés
Aspect Points clés Population concernée Patients SEP avec spasticité rebelle aux traitements classiques Prescription Hospitalière exclusivement, avec avis pluridisciplinaire Formes disponibles Sprays sublinguaux, huiles, etc. sous contrôle médical Suivi Réévaluation régulière de l’efficacité, effets secondaires, centralisation dans le DMP Objectifs Réduction de la spasticité et de la douleur, meilleure qualité de vieNote : Cet article ne remplace pas un avis médical personnalisé. Les patients doivent consulter leur neurologue ou équipe médicale pour toute décision thérapeutique.